La nouvelle fée de l’Anse Vata


9 août 2018


Reprendre ses études après 40 ans n’est pas donné à tout le monde. Nathalie Kanva a relevé le défi pour réaliser son rêve : être au contact des nouveau-nés.

Le jour vient de se lever sur la baie de l’Anse Vata. Dans les couloirs de la maternité, les mamans et le personnel commencent à se préparer pour le sacro-saint moment de la journée : le bain des nouveau-nés. « J’ai toujours rêvé d’être au contact des bébés », explique Nathalie Kanva, dernière recrue du service.

Pour en arriver là, cette maman de 42 ans a dû redoubler d’efforts. Titulaire d’un CAP pharmacie, elle est allée de petits contrats en petits contrats, d’abord au CHS de Nouville puis à la clinique Magnin, où elle a exercé pendant quinze ans à la stérilisation. « Au bloc, il y avait une bonne ambiance. Ce métier m’a appris la rigueur et la conscience professionnelle. C’est quelque chose de très stressant de savoir que le matériel que vous stérilisez sera utilisé ensuite par les chirurgiens sur les malades. Mais c’est un service où le contact avec les patients est très restreint. J’avais envie d’évoluer et de changer de service. »

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Si Nathalie a appris le métier d’aide-soignante sur le terrain, les perspectives d’évoluer étaient limitées faute de diplôme reconnu. En mars 2017, à 40 ans passés, elle décide donc de retourner sur les bancs de l’école… Ou plutôt de la CCI pour suivre une formation d’aide-soignante en bonne et due forme, avec le soutien financier de la clinique Ile Nou-Magnin. « C’était vraiment dur de reprendre l’école à mon âge. Tous les soirs, il fallait faire des recherches en médecine sur chaque maladie. Se concentrer, réapprendre, enregistrer… Ça fait peur de voir comment les cours ont du mal à rentrer ! », rit-elle en s’amusant de cette mémoire qui flanche au fil des ans.

« Avec Francine, une autre collègue qui était dans la même situation que moi, on s’est beaucoup soutenues, entraidées. C’est très important ! » Surtout dans les phases de découragement. « Pendant les dix mois de formation, il faut tenir le rythme. Et c’est aussi dur financièrement, entre le loyer à payer, les enfants, avec un salaire divisé par deux. »

Mais le résultat valait bien ce sacrifice. En janvier, Nathalie a décroché le précieux sésame. « C’est quand j’ai eu le petit bout de papier et que je l’ai donné à mon mari que j’ai réalisé : 10 mois de galère mais pour arriver à son but, j’en avais la chair de poule… »

Aujourd’hui à cheval entre le service médecine et la maternité de l’Anse Vata, Nathalie prend ses marques et ne cache pas être encore impressionnée par la fragilité de ces tout petits patients. « Ça peut faire peur au premier abord : ils sont tellement petits… Mais je ne regrette rien. Rien du tout. »

 

 

 

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